Relation entre symptômes et parasitisme intestinal chez les malades fréquentant les centres de santé du Burundi

Paul BIZIMANA, Katja POLMAN, Jean-Pierre VAN GEERTRUYDEN, Giuseppina ORTU

Revue Médicale de Bujumbura, Livre des Résumés des 11ème Journées Médicales de Bujumbura, INSP, 19-20
Février 2015

Objectif :

Analyser les symptômes prédicteurs du parasitisme intestinal

Matériel et méthodes :

Ce travail a été mené auprès d’un échantillon de 360 malades ayant consulté dans 6 centres de santé du Burundi choisis au hasard dans les communes à plus grand risque de schistosomiase et de Helminthiases Transmises par le Sol durant le mois de mai 2014. Ces communes se trouvent dans les 7 provinces suivantes: Bubanza, Bujumbura Mairie, Bujumbura Rural, Bururi, Cibitoke, Kirundo et Makamba. La collecte des données était faite sur une fiche de collecte des données préétablie à cet effet et recherchait les symptômes rapportés par les malades durant la consultation et qui avaient motivé l’examen de selles. L’analyse statistique a été faite en utilisant la régression logistique avec un risque d’erreur α de 5%. L’analyse bivariée a permis d’identifier tous les symptômes avec une p-value <0.10 à considérer dans l’analyse multivariée. L’analyse multivariée a tenu en compte la spécificité des centres de santé enquêtés dans la production du modèle final.

Résultats :

Sur les 360 malades, 277 avaient moins de 20 ans, soit 76.94%; 194 étaient des femmes, soit 53.89%. Le parasitisme intestinal était retrouvé chez 277 malades, soit 76.94%. Les parasites les plus retrouvés étaient faits d’amibiase chez 153 malades soit 42.5%, d’ascaridiase chez 109 malades soit 30.28% et d’ankylostomiase chez 74 malades soit 20.55%. L’analyse bivariée, en plus de l’âge (p<0.001) et du sexe (p=0.619) a mis en évidence les symptômes dont la p-value est inférieure à 0.10 suivants: douleur abdominale (0.012), prurit cutané (p<0.011), diarrhée (p=0.065). Après avoir fait l’analyse multivariée incluant tous les symptômes avec une p-value<0.10 et en tenant compte de la spécificité des centres de santé visités, l’âge (p=0.001), le sexe (p=0.173), les douleurs abdominales (p=0.001) et le prurit cutané (p<0.001) constituent le modèle prédicteur du parasitisme intestinal dans les centres de santé visités, avec une contribution de 8.75%. L’aire sous la courbe de ROC est de 69.48%.

Conclusion

En considérant la part de ce modèle dans la prédiction du parasitisme intestinal, ainsi que l’aire sous la courbe de ROC, nous concluons que ce modèle est faible et partant pas applicable. Une étude sur un échantillon plus étendu, après avoir harmonisé le niveau de connaissances des prestataires de soins dans les centres de santé sur les différents parasites intestinaux est nécessaire pour produire un modèle valable.